Qu’est-ce que la resynchronisation cardiaque ?

L’insuffisance cardiaque traduit souvent la diminution de la capacité du ventricule gauche à éjecter un volume de sang suffisant et donc à maintenir un débit cardiaque suffisant. Cette baisse de la performance musculaire peut s’accompagner d’anomalies électriques, à savoir un ralentissement de l’influx électrique vers certaines zones du ventricule gauche. La conséquence est que certaines parois musculaires (souvent la paroi latérale) du ventricule gauche vont se contracter bien après les autres : la performance globale du cœur s’en trouve affectée.

La resynchronisation cardiaque va s’attacher à corriger ce phénomène. Elle est couplée à un pacemaker ou un défibrillateur classique, avec l’ajout d’une troisième sonde destinée au ventricule gauche. Le but de cette sonde sera de stimuler plus tôt la paroi musculaire activée tardivement, et ainsi optimiser l’éjection globale du ventricule gauche.

A qui est proposée la resynchronisation ?

Toutes les formes d’insuffisance cardiaque ne se prêtent pas à la resynchronisation. Cette dernière est plutôt réservée aux cas où l’anomalie de contraction du ventricule gauche est la plus sévère (fraction d’éjection inférieure à 35%) et les anomalies électriques les plus marquées (largeur des QRS, correspondant à la durée totale d’activation des ventricules, supérieure à 120ms).

D’autres critères sont utilisés pour affiner la sélection des meilleurs candidats à cette procédure, car environ un quart des patients implantés ne vont pas tirer bénéfice de la resynchronisation.

La resynchronisation cardiaque a prouvé son efficacité chez les patients candidats, avec une amélioration des symptômes, de la qualité de vie et de la contraction cardiaque, une diminution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque et une diminution de la mortalité.

Comment est réalisée l’implantation ?

L’implantation est similaire à elle d’un pacemaker ou défibrillateur classique. La différence vient du fait de la mise en place de la troisième sonde destinée au ventricule gauche.

On stimulera le ventricule gauche à travers une des veines qui parcourt sa surface, à laquelle on accède à partir de l’oreillette droite. Cette mise en place n’est pas possible dans 5% des cas, du fait de contraintes anatomiques rencontrées en cours de procédure.

La mise en place de la sonde gauche rajoute 30 à 60 minutes à la durée opératoire d’un appareil classique.

Quels sont les risques liés à l’implantation d’un système de resynchronisation ?

L’implantation d’un stimulateur expose aux mêmes risques que l’implantation d’un stimulateur ou défibrillateur classiques.

On note deux complications particulières :

  • Un risque de déplacement de cette troisième sonde plus grand que pour les sondes de l’oreillette droite et du ventricule droit
  • Une stimulation du nerf phrénique qui peut passer à côté de la troisième sonde. Cela se traduit par une stimulation du diaphragme comme lors d’un hoquet. Fort heureusement, on arrive à résoudre ce problème par simple programmation de l’appareil, sans ré-intervenir, dans l’immense majorité des cas.

Quel suivi après l’intervention ?

Le suivi est le même que pour l’implantation d’un stimulateur ou défibrillateur classiques. Il faut savoir qu’un quart des patients implantés ne tirera pas bénéfice de la fonction de resynchronisation de l’appareil. L’efficacité peut être rapide, dès les premières semaines, mais sera jugée au mieux 6 mois après l’intervention.