Qu’est-ce qu’un stimulateur cardiaque ?

Un stimulateur cardiaque, ou pacemaker, est un petit boîtier contenant des circuits électroniques alimentés par une batterie. Les stimulateurs modernes pèsent 20-25g pour un volume de 8-15cm3.

Le stimulateur est relié au cœur par une, deux ou trois sondes selon les cas. Il analyse en permanence le rythme cardiaque, en particulier sa fréquence, et est capable de stimuler le cœur quand la fréquence cardiaque est trop lente (inférieure à une valeur que l’on programme).

Le stimulateur cardiaque va profiter de cette analyse continue pour stocker en mémoire des informations sur son fonctionnement et la présence de troubles du rythme cardiaque, informations que récupère le médecin lors des contrôles réguliers du stimulateur.

A quoi sert un stimulateur cardiaque ?

Le stimulateur cardiaque a pour fonction principale de corriger les ralentissements du rythme cardiaque. Ces ralentissements peuvent se manifester au repos et/ou à l’effort, être intermittents ou permanents, spontanés ou liés à la prise de médicaments indispensables pour votre état de santé.

Comment est réalisée l’implantation ?

Le patient est hospitalisé la veille de l’intervention, sauf urgence. Les traitements anticoagulants sont le plus souvent poursuivis.

L’intervention se déroule sous anesthésie locale et dure environ 45 minutes. Il est nécessaire d’être à jeun, sauf urgence.

Une injection d’antibiotique est réalisée juste avant l’incision, pour réduire le risque d’infection.

On débute par le placement de la ou des sondes. Ces sondes sont introduites dans la veine céphalique ou sous-clavière et sont acheminées jusque dans le cœur par le chemin naturel du retour sanguin. Elles vont être placées à des endroits déterminés de l’oreillette ou du ventricule droit sous contrôle radiologique et vissées contre la paroi interne du cœur (l’endocarde) pour éviter un déplacement ultérieur. Leur bon fonctionnement (bonne détection de l’activité cardiaque spontanée et stimulation avec une faible amplitude) est vérifié.

Une fois fixées, les sondes sont connectées au stimulateur cardiaque qui sera placé dans une loge sous la peau (plus rarement derrière le muscle pectoral) en-dessous de la clavicule droite ou gauche. L’incision est refermée par des fils (résorbables ou non selon les habitudes de l’opérateur) et un pansement compressif est appliqué contre la loge pendant une journée pour réduire le risque de saignement secondaire.

La sortie d’hospitalisation a lieu le lendemain ou le surlendemain.

Quels sont les risques liés à l’implantation d’un stimulateur cardiaque ?

Comme toute procédure chirurgicale, l’implantation d’un stimulateur expose à un risque anesthésique variable, selon qu’il s’agit d’une anesthésie locale ou générale.

Les complications possibles de la procédure sont de l’ordre de 5%. Elles sont généralement bénignes mais peuvent parfois être plus graves et très exceptionnellement mortelles. Il s’agit de :

  • saignement (surtout en cas de traitement anticoagulant), avec hématome de la loge nécessitant ne évacuation chirurgicale
  • épanchement de sang ou de liquide dans le thorax ou autour du cœur, par effraction d’un vaisseau ou de la paroi cardiaque
  • pneumothorax : collection d’air par effraction de la plèvre au moment d’une ponction sous-clavière, nécessitant parfois un drainage
  • infection,
  • déplacement de sonde nécessitant une ré-intervention
  • trouble du rythme cardiaque

Les complications à distance de l’intervention peuvent être :

  • une menace d’extériorisation et une infection, cette dernière nécessitant d’extraire tout le matériel en plus du traitement antibiotique
  • un déplacement tardif de sonde
  • des défauts de fonctionnement de sonde, nécessitant parfois de les remplacer ou d’en introduire de nouvelles

Quel suivi après l’intervention ?

Un carnet est remis au patient, contenant des informations sur le stimulateur (marque et modèle) et le réglage effectué. Il est important de le conserver sur soi, notamment en cas d’hospitalisation, de consultation médicale ou de voyage à l’étranger.

La cicatrisation prend environ une semaine, surveillée par une infirmière, à domicile si besoin.

Le premier contrôle est effectué entre 1 et 3 mois, il permet de vérifier la bonne cicatrisation et d’affiner le réglage du stimulateur en fonction de premières sensations du patient. Cela est réalisé à l’aide d’un ordinateur spécifique appelé programmateur, qui communique avec le stimulateur à travers la peau, de manière indolore.

Les contrôles suivants sont effectués tous les 6 à 12 mois, selon les besoins cliniques.

Certains stimulateurs permettent un suivi à distance à l’aide d’un boîtier dédié.

La durée de la vie de la batterie est d’environ 7-8 ans au minimum avec les modèles actuels, allant souvent jusqu’à 10 ans, et il faudra alors procéder à une nouvelle intervention pour remplacer le stimulateur (la batterie ne se recharge pas ; en revanche les sondes seront conservées).

Quelles sont les conséquences pour ma vie quotidienne ?

Le message principal à retenir est qu’après la phase initiale de cicatrisation la vie quotidienne normale est en général tout à fait possible et même fortement encouragée.

A la maison :

On peut utiliser le téléphone portable (attention cependant à ne pas le porter dans la poche de chemise ou veste juste en regard du stimulateur) et le téléphone filaire, tous les appareils électroménagers, l’Internet sans fil, le four à micro-ondes et les plaques de cuisson électriques.

Il faut se tenir éloigné des plaques à induction (on peut les allumer et passer à côté, mais éviter de cuisiner).

Pour le bricolage, les perceuses ou autres scies électriques sont sans danger. La soudure à l’arc doit être évitée si possible.

A l’extérieur :

On peut passer dans les portiques antivols des magasins, sans stationner inutilement au milieu.

Les voyages y compris en avion sont bien sûr possibles. On recommande à l’aéroport de ne pas traverser les portiques de détection de métaux (d’où l’importance d’avoir son carnet de porteur de pacemaker), et d’éviter en tout cas les détecteurs manuels.

La conduite automobile et le port de la ceinture de sécurité sont possibles.

Activité physique :

L’activité sexuelle ne pose aucun problème.

La pratique sportive est autorisée, à l’exception du golf intensif ou de certains exercices de musculation (traction des bras) qui pourraient léser les sondes.

Pour le tennis, on préfèrera implanter le stimulateur du côté opposé au bras tenant la raquette.

La chasse est possible à condition d’avoir implanté l’appareil du côté opposé à l’épaule qui arme.

A l’hôpital :

Il est important d’avoir sur soi son carnet de porteur de pacemaker et de le signaler à l’équipe médicale.

Les radiographies classiques, les scanners et les échographies sont possibles sans précautions particulières. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) en revanche crée un champ magnétique puissant et ne doit s’envisager que dans un centre expérimenté. Même si les nouveaux stimulateurs sont compatibles avec l’IRM, des précautions restent nécessaires et le bénéfice de l’examen sera pesé en fonction des risques potentiels.

La chirurgie nécessite l’utilisation de bistouri électrique pour cautériser ou découper, avec certaines précautions qui seront prises par le chirurgien et l’anesthésiste.

La radiothérapie externe dans le traitement des cancers est potentiellement nocive pour le dispositif, mais le taux de dysfonctionnements du pacemaker est faible. En général des réglages spécifiques du pacemaker sont réalisés et des contrôles réguliers pendant la période de traitement sont réalisés afin de dépister précocement d’éventuelles anomalies. Il est maintenant rare de devoir déplacer le pacemaker même si celui-ci est en plein dans le champ d’irradiation.